Pour progresser …

… on peut suivre avec profit les conseils de papi Jean.

LEÇON 1        REUSSIR SON DEPART
LEÇON 2       L’ORIENTEUR EST UN RUMINANT
LEÇON 3        LA DEVIATION VOLONTAIRE
LEÇON 4        ESTIMATION DES DISTANCES: COMPTER SES PAS … OU PAS?

 

 

LEÇON 1

REUSSIR SON DEPART 

Objectif : se mettre dans les meilleures conditions pour réussir son départ et donc trouver la première balise. Il faut considérer que c’est bien avant l’entrée dans le box de départ que tout se joue.

• L’échauffement physique d’une quinzaine de minutes est à mener de pair avec un travail mental qui permet de se centrer sur l’essentiel (créer et suivre son projet d’itinéraire) en visualisant toutes les actions à mener de façon chronologique. Le tout peut représenter de 20 à 30 min.

• La gestion du temps est importante. Que l’on ait choisi ou non son heure de départ, il faut tenir compte du temps de déplacement jusqu’au départ et prendre de la marge: être en retard est à éviter absolument.

Si le départ est proche de la zone accueil/arrivée :
– Aller de suite reconnaître la procédure de départ : vérifier l’heure annoncée par rapport à sa montre; voir les différents lieux d’attente (H-3, H-2 etc…)
– Observer une série de départs; position des boitiers de vidage et contrôle des puces ; disposition des cartes par circuits (souvent affichée) ; consignes de course (à lire !!!).
– Partir ensuite s’échauffer et revenir 5mn avant son heure de départ.

Si le départ est éloigné : l’échauffement et la préparation mentale se font en allant au départ, garder une bonne marge, le temps d’approche n’est pas toujours garanti.

Au niveau mental, il faut se détacher de tout ce qui peut distraire de l’essentiel, le coureur « entre dans sa bulle ». Même s’il y a beaucoup de coureurs et d’agitation dans la zone de départ, on reste concentré. Le mieux est de s’éloigner un peu et de continuer à visualiser la checklist suivante qu’on a déjà répétée pendant l’échauffement :

• Je suis à l’heure.
• Je vide et contrôle ma puce.
• Je repère l’endroit où sont les définitions de mon circuit.
• Je prends mes définitions, je les place dans mon porte définition et je mémorise le n° et la def. de la première balise.
• Je repère la boite dans laquelle se trouve ma carte (lettre du circuit).
• Je sais déjà en regardant ma boussole dans quel sens je vais orienter le haut de la carte (Nord) quand je l’aurai en main.
• Au top départ, je déclenche le chrono avec ma puce dans le boitier de départ.
• Je prends ma carte, je vérifie la lettre du circuit, je l’oriente et cherche le triangle de départ.
• Je plie la carte de façon confortable (tenue avec le pouce possible et quelques premiers postes visibles).
• J’avance vers la balise départ en préparant mon premier itinéraire (point d’attaque, lignes à suivre, premier repère).
• « J’entre » progressivement dans la carte, les repères successifs me rassurent sur mon orientation. Je sais l’importance de réussir l’approche de la première balise qui conditionne la suite.

En tête pendant toute la course : C. L. E.
Calme : je ne me laisse pas emporter par les émotions ou les pensées négatives, je reste froid et logique.
Lucide : je fais ce que je sais réussir à l’entraînement (pas d’azimut suicidaire de 800m dans le vert 3).
Efficace : quand j’ai choisi une technique, je l’applique correctement et jusqu’au bout
ex : si j’attaque un poste à la boussole, j’aligne correctement le point d’attaque et la balise, la ligne de visée de la boussole est bien positionnée devant moi, perpendiculaire à mes épaules, je prends un repère au loin dans cet axe que je ne perds pas de vue pendant ma progression, j’ai mesuré ou estimé la distance jusqu’au poste (comptage des pas éventuel), je redresse ma course. Si j’ai évité un obstacle, je fais plusieurs visées successives de repères en repères.

Jean Garnier – Boussole en Forez 

 

 

 

LEÇON 2

L’ORIENTEUR EST UN RUMINANT

La CO étant un sport autant physique que mental, il a un gros avantage: on peut progresser assis dans son fauteuil en analysant ses courses. On peut en effet tirer de nombreux enseignements de ses réussites et surtout de ses erreurs.
Il suffit d’aller chercher dans la « Boite Noire » la suite des événements qui se sont produits lors de chaque poste à poste et procéder ainsi :

1. Déterminer le plus précisément possible mon trajet (même sans trace GPS on peut y arriver assez bien). On peut le reproduire sur la carte.

2. Se rappeler quel était mon projet d’Itinéraire et si c’était le meilleur pour moi.

3. Si c’est le cas, trouver à quel moment et pourquoi je l’ai abandonné ou pourquoi il n’a pas fonctionné. Les causes possibles sont multiples :
• Problème lié à ma technique (ex: déviation à la boussole, mauvaise estimation des distances).
• Mauvaise représentation de l’environnement du poste (« Je ne sais pas ce que je cherche : souche, butte, rocher… » ou « Je ne tiens pas compte des éléments proches du poste ni de la végétation qui peut augmenter énormément la difficulté de la découverte du poste » : manque de lecture fine de la carte en approche.
• Vitesse d’approche : « Je ne ralentis pas assez en approche du poste, j’ai même tendance à accélérer pour réduire la tension ressentie lors de la recherche ».
• Influence de la présence d’autres coureurs : bêtement on a souvent l’impression qu’ils sont sur le même trajet et plus sûrs d’eux. C’est là qu’il est tentant de « lâcher les commandes » et de suivre un coureur qui va ailleurs ou ne sait pas où il est !!! il est alors très difficile de se « remettre dedans » et se resituer.
• L’adaptation des différentes vitesses de course à adopter lors d’un poste à poste peut être comparée à un voyage routier : utilisation de l’autoroute puis de la départementale (rapide) entrée en ville et recherche de la rue (ralentir) et ensuite plus lentement encore jusqu’au n° de l’adresse. Même si l’approche globale jusqu’à la bonne rue s’est bien passée, on est sûr de ne pas trouver la bonne adresse, si on ne lit pas le n° de la rue (cf : lecture fine en approche à partir du point d’attaque).

De façon pratique : au dos de la carte, on inscrit chaque poste à poste avec un commentaire succinct sur ce que l’on a fait en caractérisant les erreurs.

Ex :
• Déviation à la boussole.
• Mauvais projet d’itinéraire…il valait mieux…(pas assez lu la carte).
• Manque de lecture en approche (souvent quand la fatigue se fait sentir).
• Pas sûr de moi, influencé par d’autres coureurs.
• Stressé par mon erreur sur le précédent poste à poste.

On peut ajouter l’estimation du temps perdu sur les erreurs (celle de la GEC ou estimation personnelle).
On liste les deux ou trois choses à travailler plus particulièrement à l’entraînement (ex : lecture du relief, estimation des distances, cap boussole…).

Jean Garnier – Boussole en Forez

 

 

 

LEÇON 3

LA DEVIATION VOLONTAIRE

C’est une des techniques d’orientation, longtemps appelée : « erreur volontaire » dénomination qui ne peut que heurter le pédagogue…

• Cette technique s’utilise toujours en direction d’une ligne que l’on doit atteindre en étant sûr de se trouver d’un côté (que l’on choisit) d’un élément situé sur cette ligne, qui est important dans la poursuite de l’itinéraire.

• Dans l’exemple choisi, arrivé au point A, le coureur doit passer B avant d’aller au point d’attaque C. Le parcours A → B peut être effectué rapidement en visée sommaire et déplacement rapide avec une déviation vers la gauche (sur notre exemple) avec l’assurance qu’il faudra prendre le chemin vers la droite pour trouver la jonction B.

• Dans cet exemple, la visée précise directement vers le point B est à éviter, en effet , 1a vitesse de déplacement sera bien plus lente avec la technique de visée précise et il est quand même possible de dévier un peu et d’arriver sur le chemin d’où on n’aperçoit pas le point B avec l’incertitude suivante : « Doit on aller à droite ou à gauche ?« .

• Bien entendu, se pose la question suivante : « Quelle est la valeur de la déviation (l’angle alpha) » à laquelle il est difficile de répondre autrement que par : « Pas trop, mais suffisamment quand même ». On sait qu’en visée sommaire , on va vite, on regarde la boussole en courant et on a toujours des obstacles à contourner. L’erreur est de jouer au plus malin en réduisant à rien la déviation ce qui peut entraîner une arrivée sur le chemin du mauvais côté du point B qu’il ne sera possible de trouver qu’après un tour complet de la terre !

• Je ne puis interrompre cette rubrique sans évoquer le célèbre humoriste Pierre Dac qui, s’il n’avait certainement jamais pratiqué l’orientation, n’en avait pas moins émis ce principe implacable : « Une erreur peut être juste ou fausse selon que celui qui la commet se trompe ou non. »

Jean Garnier – Boussole en Forez

 

 

 

LEÇON 4

ESTIMATION DES DISTANCES: COMPTER SES PAS … OU PAS?

– Dans la recherche de la bonne corrélation carte-terrain, la conscience de la distance parcourue est toujours présente à l’esprit du coureur. Dès « l’entrée dans la carte » pour le premier poste, le compteur de distance personnel se règle en fonction des premiers repères que l’on reconnaît au passage. Savoir mesurer, estimer la distance parcourue est un des atouts de l’orienteur.

– Lors d’un parcours partiel sur chemin, il est bon d’avoir des repères de distance surtout si les repères latéraux (jonctions de chemins par exemple) sont nombreux : si je dois prendre le 3e chemin à gauche, j’ai besoin de savoir à quelle distance se trouve le premier surtout si celui-ci est peu marqué.

– De même, lorsqu’on attaque un poste à la boussole à partir du point d’attaque, en théorie la distance est inutile si la direction suivie est la bonne, mais en pratique, on sait qu’on peut dévier en raison de la végétation à contourner ou du relief changeant. Il vaut mieux toujours avoir en tête la notion de la distance jusqu’à la balise. Surtout s’il n’y a pas de ligne d’arrêt au delà du poste.

– Mesure de la distance sur la carte : toutes les boussole ont un règle graduée en mm, la généralisation de l’échelle au 1/10000e des cartes d’orientation facilite encore la mesure (1mm sur la carte = 10m sur le terrain et 1cm= 100m). Avec l’habitude, l’orienteur averti sait estimer 1/2 cm, 1 cm, 1,5 cm sans mesurer.

Attention à majorer la distance si le terrain est en pente : la distance mesurée sur la carte est plus courte en raison de la représentation vue de dessus de la carte (voir schéma)

– Étalonnage de la foulée : La technique du comptage des doubles foulées évite d’avoir un décompte pas à pas trop fastidieux, il est nécessaire de compter le nombre de doubles foulées sur 100m. On le fait sur piste à « vitesse d’orientation », aller trop vite n’est pas réaliste et ne donnera pas un résultat applicable sur le terrain.

– Traduction de la distance mesurée sur la carte en double foulées : en fonction du résultat de l’étalonnage, chaque coureur a un ratio personnel : double foulées/distance (r) soit nombre de doubles foulées sur 100m = r, le calcul est assez simple :

Nb de double foulées = distance à parcourir X r

– Ajustement au terrain : ce comptage théorique est à moduler en fonction des particularités du terrain : si la végétation ralentit le coureur, il faudra majorer le nombre de double foulées, de même si le déplacement se fait en côte (se souvenir du premier schéma), il faudra en plus tenir compte du raccourcissement des foulées.

– Exemple nécessitant l’estimation de la distance : le poste se trouve en forêt le long du chemin, la végétation saisonnière et la distance d ne permettent pas de voir le poste du chemin.

Dans ce cas la technique de la main courante est utilisée (je me tiens à la distance d du chemin et je longe le chemin en parallèle).

La mesure de la distance jusqu’à un point B théorique, situé en amont du poste me permettra de courir sur le chemin alors que si je rentre en forêt dès le point A, je serai ralenti par la végétation et perdrai beaucoup de temps.

Quand on ne compte pas : dans certaines conditions (bonne visibilité en forêt) certaines distances peuvent être estimées sans compter les pas : 100m = un terrain de foot ; 40m= un terrain de hand, 30m = la distance à laquelle je dois reprendre mon souffle (remarque perso).

En approche du poste, l’expérience montre qu’on a plutôt tendance à s’arrêter avant le poste en raison de la course ralentie.

En conclusion, l’appréciation de la distance parcourue est le fruit d’une longue expérience comme à peu près tout en CO. C’est pour cela qu’on en apprend toujours… et qu’on continue…

Jean Garnier – Boussole en Forez